lundi 15 septembre 2014

Lucarne : " Défloraison buccale "

Un avertissement aux âmes puritaines : certaines évocations peuvent choquer.
  ***
J’avais seize ans, oui je sais, les d’jeunes actuels vont se tenir les côtes de rire, eux qui ont des expériences  dès la maternelle.  
OK... j’exagère !
Apprenti joaillier bijoutier à Paris, dans un atelier de la rue du Louvre, je devais, matin et soir, prendre le métro pour rejoindre la rue Orfila dans le vingtième arrondissement  où nous habitions.
Chaque jour, aux heures de pointes, les rames, bondées à l’extrême, faisaient par le rapprochement des corps, office d’agences de rencontres.
Collés les uns (ou les unes) aux autres, tout comme dans une boîte de sardines, certains emboîtements étaient, je l’avoue, plus ou moins agréables !
A seize ans, physiquement, j’étais, modestement, plaisant à regarder. Maintenant faut bien chercher les restes. (J’attends les « mais non, mais non... »rien, tant pis !)
Un soir d’hiver,  retour de l’atelier, station Parmentier, ça monte, ça pousse, ça  se tasse dans la moiteur et les relents divers.
Une jeune personne, plutôt râblée, vingt ans environ, agréable, aux formes  arrondies, se colle à moi délibérément. Gloupssse ! Pas besoin de vous faire un dessin, un mécanisme incontrôlable se manifeste au niveau des parties intimes de mon individu. Gêné, je rougis, essaie de mettre un chouia de distance (Oui… un peu faux-jeton)… mais la bougresse, me dévisageant d’un air moqueur, sentant bien l’épanouissement de mon désir, au lieu de se reculer, tant soit peu qu’elle le puisse, se colle de plus belle à mon pauvre corps en feu.
À part le fait que nous ne soyons pas dos à dos , mais bien emboîtés face à face, j’avais l’impression d’être, comme le décrit Platon, un de ces êtres premiers  « Androgynes » ne faisant qu’une seule boule des  deux corps. Mais Zeus n’était point là pour nous séparer. (C’est la minute mythes et légendes).
Entre elle et moi : silence.
Station Père La Chaise. Les portes s’ouvrent.
Ma «Madeleine » (Je ne me souviens plus si elle m’avait donné son prénom) me prend par la main et me propose de marcher un peu. Nous voici remontant dans la nuit l’avenue Gambetta, longeant le mur du cimetière Père La Chaise. Je me trouvais dans une situation inattendue, nouvelle, exaltante. Seulement qu’allais-je faire ?  Timide, je ne le savais pas.  Elle… si.
Arrivés au coin de la rue des Rondeaux, nous bifurquons. Au premier porche, ma « Madeleine » me plaque dans l’encoignure. Fébriles, mes mains inexpérimentées, tentent d’explorer les formes généreuses de ma mystérieuse partenaire. Ses lèvres pulpeuses se posent sur les miennes. Courageux, j’essaie de me souvenir des baisers hollywoodiens de certains acteurs comme Cary Grant et  Ingrid Bergman dans « les Enchaînés » d’Hitchcock et de ce fameux baiser qui n’en finit pas. (C’est la minute cinématographique.)
Bouche close, incompétent, je n’entreprends aucune gymnastique linguale.
C’est alors que pour la première fois, je sens une chose gluante se faufiler entre mes dents suivi de rapides mouvements de va-et-vient, de moulinets baveux envahissant ma virginale bouche. L’image d’une limace me vient à l’esprit, ce qui n’arrangeât pas ma libido (C’est un mot appris bien plus tard). J’étais au bord de l’asphyxie, la bouche emplie d’un liquide qui m’écœurait véritablement.
Un rire : -« Mais… dis-moi ? Tu n’as jamais embrassé de filles ? »
Embarrassé, penaud, je dus avouer la triste vérité.
-«Alors ça ?»
Elle n’en revenait pas ma  Proustienne, elle venait de me déflorer buccalement.
Elle me fit une bise maternelle sur le front. Rapidement, elle disparut dans la brume.
Au souper, devant mes parents interrogatifs, impossible d'ingurgiter quoi que ce soit de toute la soirée. Bouleversé de l’aventure, toute la nuit, je tanguais entre nausée, plaisir et désir de renouveler l’expérience.
Je vous rassure, depuis, j’ai pris quelques cours de rattrapage.

Fin

  Marité Merci !


8 commentaires:

  1. Ben si tu veux les "mais non, mais non", balance deux photos, une de ce temps-là et une de maintenant......

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    1. Hé-hé, dans ce temps là ? Dans un tiroir , mais , tiens , tu penses à J-C Brialy jeune ( voir la toile ) et voilou, itou.
      Maintenant ,? Tu cherches sur la toile , et tu trouveras !

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  2. Une cocotte-minute qui t'a bien cuisiné....et ouvert l'appétit!
    Plutôt pittoresque (pitre-au-risque) pour une première fois!

    Becsbecsbecs....sur la joue!!!

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    1. Oui , c'est vraiment la situation d'une cocotte minute, ça boue, ça fuse, et on a de la vapeur, avec peur et sans reproche , mais avec approche !
      Becs à toi, et je tends l'autre joue.

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  3. Il fallait bien une première fois... Tu devais être craquant dans le métro !

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    1. Bof... tu sais , on est toujours le craquant d'une croqueuse , pas de diamants en ce qui me concernait !

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  4. Les premières fois ne sont pas forcément exceptionnelles... après, on envisage de réitérer et on révise son jugement :-)
    GROS BECS pas baveux mon Tonton Mitch' :-)

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    1. Ça c'est bien vrai.
      Les baisers baveux , il me faut attendre encore un degré de sénilité que j'espère le plus loin possible!
      Les omelettes baveuses... oui. ;-)
      Kisses

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