jeudi 3 mai 2012

Poème : Chalautre la Grande


La route, chaude et bombée
Passe parmi les foins coupés
Puis continue jusqu’au vieux cimetière
Laissant là son habit goudronné
Pour reprendre son manteau de pierres


Les tombes rongées par le temps
Laissent les herbes refaire un champ
Les noms depuis longtemps sont effacés
Dans le pré, à côté, travaille un paysan
Sa vigne est plus précieuse que ce passé

Il a transformé le sol aride de ses grosses mains
Qu’il cultive amoureusement depuis le petit matin
S’arrêtant quand, au loin, le clocher sonne
Et pose son regard toujours enfantin
Sur le village qui l’a vu devenir homme

Un village aux rues tellement calmes
Loin des fenêtres qui vous blâment
Où l’on trouve le moyen de vivre
Où chaque maison est une note dans la gamme
Et chaque rue une page nouvelle dans un livre

Tout  près somnole la douce et tendre forêt
Qui garde précieusement sa fraîcheur et sa paix
Quand on s’y allonge, en regardant le ciel bleu
On a l’impression d’être dans un immense creuset
Qui vous chauffe dans son vert, pour mieux monter aux cieux

La lisière, tout à coup, fait comme au théâtre le rideau
De l’ombre humide on passe au soleil bien chaud
Et l’on admire le ballet du coquelicot, du bouton d’or
Ondulant dans le vent leur jupe rouge et jaune jabot
Fasciné, on attend que la nature présente un autre décor

La rêverie passée, on retrouve un chemin d’écolier
Qui mène inlassablement à la route évitée
Quelques panneaux indiquent des noms prometteurs
Fouchères, Les Chaises, Puis-Jolly, comme venus du passé
Mais immuables, fiers malgré la ronde des heures

La route chaude et bombée
Passe parmi d’autres foins coupés
Et rejoint, là-haut, le vieux cimetière
Elle enlace le village et les prés
Puis s’enfonce dans la forêt, telle une rivière

M.T


                                                                               

6 commentaires:

  1. cher Mitch, ça fait plaisir de te rencontrer sur la route chaude et bombée.
    Un petit bout de chemin ensemble...?
    "Sale gamin"! (ça c'est pour la "douteuse blague", qui m'a quand même bien fait rire soit dit en passant".
    Gros bisous
    Myrtille

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    1. @ myrtille :Ah! C'est toi qui faisait du stop ? Bisous .

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  2. Un très joli poème que j'aurais aimé dire aux enfants. Si, si !!!
    Tu as du talent mon Tonton Mitch'
    GROS BECS.

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    1. @ Marité : 1) Mârci.
      2) Mais... il n'est pas trop tard!
      Kisses .

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  3. C'est superbe, je n'ai pas de mots pour dire autre chose.
    Merci du fond du coeur pour ce talent que tu partages généreusement.
    Bonne fin de journée,
    bises

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    1. @ Annick49 :Touché !
      Bonne soirée et bonne semaine.
      Bises

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