mercredi 30 mai 2012

Puzzle Autobiographique : La honte


C‘était le temps, celui où j’étais dans une adolescence mouvementée.
Dans le bistrot qui côtoyait l’atelier où j’apprenais le métier de joaillier-bijoutier, le matin, petit café, le midi, casse-croûte avec les ouvriers. Voir " La mère Barié ").
Je l’avais repérée, silencieuse, ravissante avec ses tâches de rousseur, dans un coin, en train d’étudier consciencieusement. Dès qu’elle s’installait, avec la grâce d’une déesse, j’avais l’impression que le boum-boum de mon palpitant recouvrait la musique du pauvre transistor posé tout en haut d’une crasseuse étagère.
J’aurais bien aimé l’aborder, seulement ma timidité fixait le bas de ma colonne vertébrale à la banquette comme un morpion sur un pubis mal lavé.
Un matin, elle me sourit, la foudre frappa mon plexus noué à vif.
La salle n’étant pas immense, j’eus la possibilité de me rapprocher et d’obtenir quelques courtes conversations sur des sujets assez banals mais qui alimentaient mon désir d’aller plus loin dans la relation. Elle se prénommait Lisa.

Et puis, un jour, plus de Lisa. De longues semaines passèrent.
Sous les gentils quolibets des collègues, je continuais à fréquenter le bistroquet, espérant le retour de la belle, mais, hélas, rien. 
Rien, des jours et des jours passèrent, aucune apparition miraculeuse.
Un matin, je lève la tête, elle est là, souriante, vient vers moi, les bras tendus.
Je bondis de la moite banquette. Radieux, je me précipite comme le font au cinéma des amoureux se retrouvant après une longue séparation… Étrange... je sens de l’air sur mes cuisses, malheur, mon pantalon était tombé sur mes genoux tremblotants, le caleçon apparent. 
J’avais oublié, que, pour plus d’aisance, j’avais desserré largement ma ceinture.
Elle: fou rire interminable, moi : la honte !!!
Nous eûmes encore quelques conversations, mais, à chaque fois je voyais bien dans son œil malicieux que la scène du pantalon s’accrocherait immanquablement à mes basques.
Alors, ce désir que je pensais éternel, bizarrement, s’écornait lamentablement.
Nos parlottes s’espacèrent ainsi que sa présence. Elle, sûrement pour ses études, moi, en stage dans d’autres ateliers.
Je quittais  l’atelier, le quartier, le bistrot.

Terminée cette idylle avortée dans la honte... À ce jour, j’ai encore un petit pincement d’émotion en pensant à elle.

3 commentaires:

  1. Ah !!!!! Dommage... mais non... peut-être... Qui sait ???
    GROS BECS mon tiot Michel.

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  2. Elle est jolie ton histoire.
    Je te donne mon point de vue "de fille", tout ça a sûrement été très charmant pour ta belle. Tu sais le petit côté humain et fragile des hommes. Nous, les femmes, on aime ça.
    Ton pantalon n'est pour rien dans cette rencontre éphemère, une parmi les milliers que nous offre la vie.
    La tournure de celle-ci aura eu au moins l'avantage de t'en graver un souvenir indélébile...à ta "belle" aussi, probablement.
    Je t'embrasse parmi les genêts en fleurs.
    Myrtille

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  3. Une surprise de taille!
    On peut dire que lorsque le rideau(pantalon) est tombé,c'est la fin de l'histoire.
    Rigolo!!!
    Câlins!!!

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