lundi 23 avril 2012

Douteuse Blague : " Le Parfum"

Après... 
"Les amoureux",   " Le Journal " ,    " Dans le Bus " ,  " Au Ciné ", " La coiffeuse",  "Trésor public" , "Les pièces" ," Explications téléphonique" ,  "Au Restaurant" ,"La Réunion". 
Voici : Le Parfum 

J’avais décidé après ma dizaine de blagues douteuses de faire une pause, oui mais le sort coquin en avait décidé autrement.
Une de mes proches amies qui tient une grande parfumerie en centre ville, devait, pour des raisons professionnelles, s’absenter une quinzaine de jours.
Elle me demanda de venir surveiller sa boutique durant ce temps là.
Oh ! Pas très difficile, car à part surveiller la caissière, les deux vendeuses, le balèze vigile,  mais, surtout, de sourire béatement aux jolies clientes, d’où ma très grande fatigue le soir en fermant la boutique… j’déconne.
Tout se passait parfaitement, si ce n’est qu’au bout de quelques jours, j’observais le manège d’un drôle d’individu: dans les soixante dix ans, propre sur lui, cheveux blancs, moustache fine à la Clark Gable, pantalon sable avec le pli hyper repassé, mocassin crème, un dandy semblant sortir de la revue d’un couturier spécialiste du troisième âge. Je le vis durant trois jours, le matin, même heure, entrer dans la boutique.
Intrigué et sur mes gardes, dès que je le vis à nouveau  se pointer, je me précipitais dans le bureau, où, là, une caméra de surveillance  permettait de suivre plus finement le mouvement de la clientèle.
"Que m’aperçois-je?"  Notre dandy, après avoir en catimini fait le tour des vitrines, tatouillant par ci par là un savon, une fiole, humant l’invisible tout comme Jacques Tati dans un  de ses films, enfin, subrepticement, se dirigeait vers le rayon des cosmétiques pour hommes... Là, il se penchait attrapait un flacon échantillon d’une eau de toilette renommée : « Pour un Homme » de Cacharel (Pub). En quelques secondes le drôle s’aspergeait derrière les oreilles, la moustache et les mains… pourquoi les mains ? Un futur tripotage sur des fessiers d’un club de bridge fréquenté par des mamies ?
Comme ça, le fait est bénin, mais ce qui me titilla, ce fut la quotidienneté de l’acte. Un frémissement lutinesque venu de mes entrailles se fit sentir. Je tenais ma onzième emmerdure.
Une idée de génie (non… pas Eugénie) me vint : remplacer ou additionner le parfum par quelque chose qui serait hilarant (Pôve dandy).
Je me creusais la tête pour savoir quoi mettre dans ce chic piège ? De l’eau de Javel ? Trop dangereux. Simplement de l’eau ? Trop simpliste. Un produit pour WC ? Bof. En plus, il fallait que ce produit soit à peu près de la couleur du parfum pour ne pas éveiller les soupçons de notre auto-embaumeur. 
Je passais une nuit agitée, ne trouvant rien qui satisfasse ma superbe perversité.
Le destin est bien fait. Le midi après ma courte pause casse-croûte, je prenais un café terrasse au Wallace (Re pub gratos !!!) et, tout en discutant comme d’habitude  avec le sympathique garçon de café Tarik, je lui exposais mon problème. Nous cherchions, cherchions… puis, soudain, un hyper large sourire sur sa face joliment cuivrée , de sa voix d’outre tombe et son accent à casser un sac de noix du Périgord il me dit :
-« Pourquoi vous ne mettez pas des boules puantes dans le flacon » .
Eurêka, merci Tarik, je fonçais chez le marchand de farces et attrapes , achetais trois ampoules de boules puantes et, guilleret, retournais au magasin.
Le soir, tout le monde parti,  après avoir dévissé tant bien que mal le bouchon pulvérisateur, muni de gants latex, avec précaution, telle de la nitroglycérine (comme dans « Le salaire de la Peur » avec Yves Montand et Charles Vanel) , je versais le contenu des trois ampoules dans le liquide odorant. Toujours en douceur, je revissais le bouchon.
Le lendemain matin, je mis au courant le personnel qui d’avance se fendait la poire excepté la caissière, vieille fille cul serré. Mais…  « alea jacta est ».
Dix heures, battements de cœur de tous. Notre dandy, toujours de mise identique, entrait comme si de rien n’était ! Le manège commençait, visite à droite, à gauche, petits coups d’œil innocents. En un éclair il se penchait vers sa cible, puis geste fatal, comme un métronome, il s’aspergeait le derrière des oreilles, les mains, la moustache.
Horreur ! Epouvante! Le pauvre puait, mais puait! Il ne savait plus où il était. Nous, si, car le relent nauséabond commençait à envahir tout l’espace. En un clin d’œil, les vendeuses, la caissière au bord de l’évanouissement, le vigile et moi, attrapions le dandy par la peau du dos et à la vitesse de la foudre, nous le jetions, manu militari, sur le trottoir.
 Là, le pôve ne savait plus où il habitait, les quelques badauds qui passaient s’écartaient  du mécréant en se bouchant le nez.
Rapidement, nous avons aéré  pour qu’il n’y ait aucune trace du délit. Punaise ce que l’on a ri, la caissière, elle, lèvres pincées, à peine !… C’est pas bien, je sais, je sais.
Hum ! Au retour de mon amie, la caissière ayant cafeté l’incident, il m’a bien fallu avouer la machination. 
J’attendais le verdict. Long silence… gloussements retenus… rires
-« Tu as bien fait, à ta place, j’aurais fait pareil. »  Ouf !
Par contre dans la bagarre, on n’a toujours pas retrouvé le flacon !!!

                                         rire 32

                                    Fin

18 commentaires:

  1. Ah fallait oser.. mais ton récit m'a bien fait rire !!!
    J'crois bien qu'il est pas prêt de remettre les pieds dans la boutique de ton amie ce "dandy" !!!
    Bonne semaine

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    1. @ Brigitte : Bonne semaine parfumée à toi aussi.

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  2. Un blague puante mais tellement bonne !!!
    Ce procédé de parfum gratos est assez fréquent.
    Je pense que ce bellâtre aura changé de crèmerie... euh... parfumerie :-)
    GROS BECS.

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    1. @ Marité : Oui , ce procédé , vouiii je l' ai expérimenté plusieurs fois.
      Bises.

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  3. Je savais que certains badauds dans les marchés, les épiceries, dînaient à l'oeil (ou aux frais de la reine, comme on dit au Canada), mais que certains se parfument "à l'oeil", cela m'étonne et j'ai bien ri à cette mésaventure ( bien sûr, selon le point de vue de l'auto-aspergé). Eh oui, j'aurais bien aimé être là aussi, pour me marrer avec les conspirateurs ;). Bien fait pour la victime. Le crime ne paie pas, et il n'y a pas d'âge pour tirer des leçons!! Merci Michel de ce partage par un lundi plus que maussade (ici on a un de ces revers de température).

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    1. @ Esther : Il y a même certaine nénettes qui se fond maquiller à l'oeil !!! Je-l'ai-vu.
      À plus.

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  4. Ben oui! C'est marrant... mais le type, le pauvre, il n'a peut-être pas assez de sous pour se payer une eau de toilette et quelques gouttes de parfum, ça ne ruine pas un commerce...
    T'as pas de coeur Tonton! Ch'uis déçue...
    Et "Pour une Homme" c'est de Caron...Je l'ai longtemps porté..
    Bises quand même
    Alma

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    1. @ almanachronique: Hé! "Pour un Homme de chez Caron" c'est mon parfum depuis que j' ai une conscience corporelle.
      Comment pas de coeur?
      Bises.

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  5. rhaaaa !!! la bonne blague !!!!!!!! j'ai bien ri moi aussi !!! surtout que c'est bien raconté...

    Quant au délit, c'est pas bien méchant non ? ... là où il n'a pas été malin, c'est qu'il aurait dû changer de temps en temps et ne pas se pointer toujours dans la même parfumerie ... ton amie ne l'avait
    jamais remarqué?

    Bises

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  6. @ Annick49 :Les femmes,hum! sont d'une généreuse faiblesse, tu sais! L'histoire ne le mentionne pas.
    En tout cas , moi, je change de crèmerie pour faire pareil (:-D
    Bises

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  7. Pauvre petit monsieur! Pour sa vengeance, il serait inspiré de revenir comme si de rien n'était et de se servir dans un autre rayon...
    Merci Tonton Mitch, je te souhaite un agréable dimanche et un très bon week-end du premier mai

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    1. @ Kenza : Merci et tiens du grand Molière dans "L'école des maris"
      Et vous verrez ces visites muguettes
      D'un oeil à témoigner de n'en être point soûl ?

      Bises.

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  8. Moi aussi j'ai un petit coeur sensible, comme pas mal de celles qui m'ont précédé ...
    Pauvre petit monsieur-séducteur-à-quat'sous !!!
    L'est radin, d'accord, mais connaisseur.
    Et les retraites ne sont pas grasses par les temps qui courent ...
    Allez, bon 1er mai quand même !

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    1. @ solveig : Pôve pitite fille (:-((
      Mais... "grasses","parfum",pas mal!
      Bon dimanche itou .
      Bises

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  9. Avec un petit brin de muguet, je reviens te souhaiter beaucoup de bonheur et un bon 1er mai!
    Très belle journée Tonton Mitch

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    1. @ Kenza : Merci , et... continue à nous enchanter avec tes trouvailles.
      Belle journée aussi .

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  10. Pour changer d'parfum, un p'tit brin de muguet qui embaume le bonheur pour toi Tonton! Plein de bises !

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    1. @ Gloria : Suis touché et, avec joie, je l'humerai en pensant à toi.
      À plus.
      Bises.

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