jeudi 16 février 2012

Puzzle Autobiographique: " Madame la Pompe"


Après oncle Jean , la mère Barié, défloraison buccale ,voici un autre souvenir :
Madame la Pompe
J’étais tout minou, environ six, sept ans, pas plus.
Avec ma douce maman Lydia, mon gentil beau-père Armand, et la fille de celui-ci, Suzanne, nous habitions à vingt kilomètre de Paris dans une très modeste petite maison entourée d’un jardin. En ce temps là, c’était  la campagne. 
Depuis, les voies rapides, les hauts immeubles ont massacré le paysage.
Restriction oblige, en pleine occupation, Armand  s’évertuait à faire pousser quelques salades, patates avec doryphores et autres légumes, genre rutabagas, pour subvenir au quotidien. Nous n’étions pas bien riches.
 Nous avions les cabinets au fond du jardin comme dans la chanson de Cabrel, avec un beau cœur comme ouverture d’aération sur la porte.
Pas d’eau courante, pas de robinet dernier cri dans la minuscule cuisine, qu’une simple pompe qu’il fallait amorcée durant de longues minutes. Le matin, sur un  évier riquiqui, pour se laver, au gant ma chère, il fallait faire avec cette eau bien froide.
Nous avions également, trônant au milieu du jardin un magnifique puits avec, là, une énorme pompe en fonte. Durant le printemps, parmi les fleurs et les groseilliers, mon regard d’enfant la confondait dans le paysage. Je n’y prêtais guère attention.
Cette année, l’hiver fut très rude, neige et glace.
Durant une matinée de février, Armand avait entouré la pompe de chiffons avec de vieux vêtements pour que les conduits ne gèlent pas. En guise de décoration, il avait collé un chapeau de femme tout en haut de l’emmitoufflage. Quand vers seize heures je rentrais de l’école, avec effroi je vis cette ombre terrifiante.
Armand : Tu vois Michel, c’est  Madame La Pompe… si tu n’es pas sage…
Un long silence suivit la paternelle menace.
Pendant des semaines j’évitais de m’approcher de cette  Madame La Pompe.
Quand je jouais dans le jardin toujours sous la neige ou que je revenais de chez ma tante Louba qui demeurait la maison à côté, je faisais un détour et j’évitais de  La  regarder. Une trouille pas possible.
Et puis le printemps arriva, Armand me prit par la main, m’amena devant  Madame La Pompe.
Moi, toujours pas rassuré.
Doucement il déshabilla la maudite pompe, chapeau compris.
Une explication me fut donnée.
Je suis resté quand même assez longtemps traumatisé !
Je vous rassure, c’est terminé maintenant.
M.T

14 commentaires:

  1. Oh, quel dommage!!!
    Tu n'aurais pas préféré que la pompe reste une dame terrifiante????
    C'est chouette la peur, non???
    P

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  2. Superbe ton histoire et oui il y avait une pompe dans chaque cour de maison même en ville. Certaines étaient très belles, j'en connais une en cuivre encore adossée à un mur de grange à moitié cachée par la végétation... cet article est une pompe à remonter les souvenirs d'enfance !!!

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  3. Rien à voir avec madame la pompadour....avec elle tu aurais été trop-attisé...

    Bonne fin de semaine!

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  4. Je me suis laissée bercer par les mots puis laissée entraîner avec délice dans cette jolie anecdote de ton enfance , j'espère qu'il y en aura d'autres
    Merci
    Bises et bon week-end
    A++Sacha

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  5. @ almanachronique :Oh!que non... Si la peur est chouette, tu dois être une curieuse hulotte ! :-D
    @ Robert :Tu as raison , j'aime revenir à nos tendres souvenirs... sans remonter jusqu’à Pompéi!!!
    @ Claire Fo...:Je dirais même La Pompe-amour!Rôôô!!
    @ Sacha :De jolis mots aussi dans ce commentaire. Oui, j'ai d'autres anecdotes. le tout c'est qu'elles soient piquantes.
    Salut, Kisses à tous.

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  6. Il est très beau ton texte, tu m'as "embarquée" dans ce souvenir de ton enfance, ta terrible peur ...
    Magnifique !
    Bonne soirée,
    Bises

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  7. Les peurs d'enfants sont toujours très touchantes .
    Maintenant que tu es grand j'espère que tu profites bien des grands crus que peut nous donner cette dame !!!

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  8. C'est un souvenir qui en évoque d'autres pour moi. Tu l'as fort bien relaté... J'attends la suite de ce puzzle avec impatience.
    GROS BECS.

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  9. Elle est vraiment jolie ton histoire, Mitch, vraiment jolie. Adulte, on oublie souvent combien l'esprit d'un enfant est imaginatif et précieux. Quel enfant merveilleux tu devais faire. J'aurais voulu être ta maman...
    Myrtille

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  10. @ Annick49 : merci et bonne soirée à toi. Bises.
    @ Brigitte : Une fraîche… et une pétillante.
    @ Marité : OK, je chercherai. Kisses.
    @ myrtille : Voilà une gentille intention qui me touche beaucoup.
    Merveilleux ? Faut quand même ne pas trop exagérer. Mais, bon, puisque tu le dis ! Bisous.

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  11. Tu es mon élu... oui, de mon tag :-)
    Je t'attends...
    GROS BECS très ensoleillés...

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  12. joli texte. Et surtout, éviter le coup de pompe ! Salutations des Caphys

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  13. J'adore cet objet ! Chez ma Mémé, même après l'installation de l'eau courante, j'aimais aller pomper l'eau. J'en ai acheté une chez Emmaüs il y a une quinzaine d'années, elle n'est toujours pas installée... Je vais relancer le sujet !
    Bises.

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    1. @ Gloria : Alors, vite , au boulot ! Ah! C'est vrai... l’amorçage est fastidieux.
      Bises

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