Lucien le
tricard
Différentes
raisons poussent un patron de café à ce qu’un client devienne tricard, c’est-à-dire exclu, interdit de salle.
Les poivrots, les désargentés, les non-consommateurs, les hurluberlus de toutes
natures, font partis de cette catégorie.
J’en connais un
magnifique spécimen : Lucien.
Le patron du Café
de la Gare avait affaire à ce drôle de zèbre. C’en était devenu un jeu pervers
entre les deux parties : tricard malin contre patron exaspéré.
Parfois, le Lucien
profitait qu’un nouveau garçon soit de service pour tromper son monde. Il s’installait, avec jouissance,commandait plusieurs
fois.
Bien sûr, à un
moment, il était reconnu. Promptement viré, il déguerpissait sans payer. But atteint.
Lucien, comédien
dans l’âme, souvent, mettait une perruque, des lunettes de soleil et, juste
avant de partir, pour faire bisquer son adversaire, retirait l’ensemble du déguisement. Rage du patron qui le
poursuivait, serpillère brandie.
Par un bel
après-midi de juillet il se glissa au milieu d’un groupe de touristes
japonais. Rapidement, gratuitement, il se fit brider les yeux par une accorte esthéticienne de la grande parfumerie attenant
au café. Il put jouir, durant une heure,
pleinement, de la sublime stratégie.
Une fois, travesti
en femme, pomponné, fardé, chaussures à
talons, il réussi à consommer quelques portos-cacahuètes. Oui, mais c’est quand
après plusieurs coups derrière le corsage, que la traître ivresse le fit trébuché. Perruque
à terre, talons cassés. Démasqué.
Le meilleur coup
du tricard Lucien : Il se fit pousser moustache et barbe, puis crâne rasé,
de grosses lunettes, prenant un
accent indéterminable, durant plus d’un mois, il se fit engagé comme extra dans le café.
Il put siroter en
douce moult fois. Gratuitement, copieusement, il cassa la croûte le midi avec l’ensemble du
personnel. Seulement les cheveux poussent, parfois les lunettes tombent, l'accent titi parisien remonte à la surface.
Bêtement, un
matin, par habitude, Lucien se rasa la barbe. Trop tard, tête baissée, il essaya
de se présenter à son service. Démasqué.
Lucien reprit le
chamin du trottoir.
La lutte dure
encore
M.T

Yapluka recourir à la chirurgie esthétique,Lucien, mais ce serait dommage, tu ne serais plus Lucien le Tricard, celui que tout le monde aime, sauf le patron du bar !
RépondreSupprimerLe personnage est attachant et ton regard sur lui ... satirique .. ...quelle turpitude pour boire un gorgeon...
RépondreSupprimerj'ai bien aimé l'image du coup de trop derrière le corsage
Il pourrait être un très beau sujet pour une pièce de théâtre ..
Bon dimanche
Sacha
Je l'aime bien Lucien...mais je ne lui donnerais pas mon adresse car il a trop d'adresse!
RépondreSupprimerBecsbecsbecs!!!
A ta santé Tonton Mitch!
RépondreSupprimerUn petit jeu t'attend chez moi, si et seulement si cela te fait plaisir d'y participer.
Tonton Mitch, le jeu est plutôt facile: répondez aux questions écrites en rouge, elles sont d'ordre général. Vous n'êtes pas obligé de suivre l'angle que j'ai choisi...
RépondreSupprimerAmusez-vous bien et très belle soirée
j'ai beaucoup aimé cette histoire : on est toujours l'exclu de quelqu'un , de sociétés ou autres ...
RépondreSupprimerquel stratagème pour boire un coup !
Brave Lucien !!! Je me suis laissée attendrir bien évidemment :-)
RépondreSupprimerGROS BECS.
SUITE À LA CENSURE : RETABLISSEMENT DE MES PHOTOS ET DE MES REPONSES AUX COMMENTAIRES :
RépondreSupprimer@ colibri : Chirurgie, tu as dit chirurgie, j'ai une autre lucarne qui pour l'amour d'une belle, l'a utilisé. À suivre .Bises.
@ Sacha : Tu n'a plus qu'à l’écrire. Au boulot.
Bise.
@ Claire Fo : Trop tard, il prend l'avion demain. Kisses.
@ Kenza: Nous nous sommes tout dit. Ah! Je recommande vivement ton magnifique blog. Grosses bises, ou قُبُﻻتٌ حارّةٌ ?
@ corail 66 : La ruse fait partie des armes humaines.
Bise.
Marité : Je viens de relire la Lucarne. Maîcresse... corrections faites.
Bises.