samedi 3 septembre 2011

Lucarne : La sportive

   
 La très jolie jeune femme du pharmacien, pour garder la ligne, chaque matin faisait son jogging au milieu du remarquable parc arboré de la petite ville des bords de la Loire. Cet endroit magnifique ressemblait comme deux gouttes d’eau au parc Montsouris à Paris. Elle avait tout pour plaire, madame la pharmacienne, des avants capiteux, un arrière-train rebondi, un visage de madone .Quand elle frôlait buissons et taillis de son corps magnifique, chaque bourgeon, chaque feuille, chaque branche se redressait d’émotion. Elle caressait dans sa petite foulée quelques fleurs qui, de joie, rehaussaient leur couleur. Dans son étroit habit de sport d’où surgissaient des cuisses de déesses, elle faisait la joie de la nature. Elle fit, un matin, également la joie d’un petit vieux de la maison de retraite d’à côté qui, ne pouvant dormir, était venu prendre l’air. Langue pendante il en fit part à ses potes de chambrée.
Bien vite l’on aperçut  de bon matin, installées, mine de rien, sur les bancs du parc, des ombres à casquettes et à écharpes en laine, savates aux pieds, admirer la belle sportive. Certains faisaient semblant de lire un journal, d’autres roulaient indéfiniment leurs cigarettes. Les cœurs fragiles battaient, éveillant des souvenirs lointains. Ils ne dérangeaient pas la belle, consciente, amusée de leur présence, qui continuait à courir, chauffant son corps sculptural. Mais les vieux, eux, se les gelaient. 

Le directeur de la maison de retraite, un jour, mit fin à cette défection du petit-déjeuner collectif. En effet depuis le premier jour où la sportive était apparue, trois crises cardiaques mortelles ,deux pleurésies  furent enregistrées  à cause des petits matins frais.
La belle retrouva la solitude du grand air, les vieux leurs ennuis du matin.
T.M


7 commentaires:

  1. Décidément courir nuit gravement à la santé ;-))
    Dommage car de nos jours les joggeuses semblent avoir grand besoin de bodyguards !
    Bises.

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  2. Inconsciemment je me demandais pourquoi je ne courrais plus ...en rase campagne ...
    Bise et bon dimanche
    A+Sacha

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  3. Rohh !!! J'imagine que les pensionnaires auraient pu se dégourdir les jambes et les bras en fauteuil roulant nan ??? C'est pas bien ce que je dis hein !!!
    GROS BECS.

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  4. C'était peut-être pour eux une belle mort plutôt que de l'attendre encore très longtemps sans émotion ! ;)

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  5. coucou,
    les pauvres..
    privés d'un si joli plaisir,
    c'est pas de chance..
    MR le directeur
    aurait pu trouver une autre solution..
    que la punition,
    en se creusant les méninges.......
    bizzzzz claire

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  6. Jolie mais triste fable, peut-être aurait-il été préférable pour ces anciens vénérables, que la belle table sur un horaire plus profitable ?

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  7. SUITE À LA CENSURE, RÉTABLISSEMENT DE MES REPONSES AUX COMMENTAIRES :
    @ Lulu : Hélas, tu as raison. Cherchant des images sur la toile pour orner cette lucarne, je suis tombé à 80/100 sur d'horribles faits divers.
    Grosses bises :*)
    @ Sacha, Marité, Artemisia : Allez, aux aurores, un p'tit footing après le café-croissants ?
    @ la fourmi : C’est ça l'autorité ma pôvre. Kisse.
    @ Sandrine (Cambrousienne): Voui, ben sûr ...mais alors, quel horaires ?

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