samedi 27 août 2011

Lucarne : La mauvaise haleine




Apparemment, Joseph, garçon de café dans la meilleure brasserie de la ville, n’avait rien qui ne puisse offusquer le regard. Par contre, le pauvre,  quand, pour prendre les commandes,  ouvrait la bouche, une odeur pestilentielle s’en dégageait. Il avait tout essayé,  chewing-gum,  sprays, visites chez des spécialistes, de l’estomac, des dents, des intestins, des glandes ; rien n’y faisait. Même les trucs de grand-mère comme le persil, des feuilles de menthe ou le charbon ne masquaient ces effluves.
Ses collègues, en se détournant prestement, l’appelaient, « l’égout municipal ». Il avait supprimé de son alimentation ails, oignons, haricots, ainsi que tout ce qui peut fermenter. Aucune cigarette, aucun cigare, rien de ce qui se fume n’approchait ses lèvres. Le pauvre Joseph, quand il prenait les commandes, s’arrangeait pour mettre une main devant la bouche, ou bien  parlait en coin, ce qui ajoutait du ridicule à sa manière d’être. Le drame, le mystère, surtout n’y voyez aucune coïncidence directe, pour une cause inconnue, le trac, peut être ? cela avait commencé juste après son mariage. La ravissante jeune fille de vingt ans qu’il avait courtisé ne put affronter longtemps l’épreuve. Un an après, ce fut le divorce. Seul, à présent, il lui était impossible de fréquenter les boîtes, les agences de rencontres. Les fuites étaient nombreuses. Il était, à cause de cet handicap, renvoyé dans les cordes du chagrin.
Repoussé par la société, éloigné de la vie professionnelle et sentimentale, il vendit tout ce qu’il avait, ne gardant que quelques vêtements chauds. Il s’installa sous un pont squatté de pauvres hères qui l’acceptèrent dans leur famille. En leurs compagnies, il remangea de l’ail, des oignons, du cassoulet, des sardines, et même, parfois, des spécialités pour animaux,  arrosant le tout de gros picrates bien piquants. Tous les tabacs, mégots, cigares, cigarettes furent fumés avec extase.
Et Joseph, avec son mystère, sa nouvelle situation, retrouva goût à la vie.

M.T

10 commentaires:

  1. "Tous les égouts sont dans la nature." Coluche.
    "Grilles d'égouts: caries de la voirie" P.Tesson.
    Je comprends fort bien Joseph...
    GROS BECS.

    RépondreSupprimer
  2. L'important,c'est de se SENTIR bien avec des gens qui nous aiment...
    C'est même NEZcessaire!
    Bon dimanche!

    RépondreSupprimer
  3. coucou,
    hé béééééééééé,
    un sacré phénoméne ce JOSEPH..
    il est lui,
    qu'il le reste...
    on l'aime comme cela...
    bizzzzzzz ...... claire

    RépondreSupprimer
  4. Et le coup de jaja !!!
    GROS BECS oignonnés...

    RépondreSupprimer
  5. coucou;
    non,
    non..........
    c'est la tartine de maroille
    trempée dans le café......
    bizzzzzzzzzzzzz

    RépondreSupprimer
  6. Pauvre gars !!!!
    Bonne semaine
    Sacha

    RépondreSupprimer
  7. Ail !!! Tout a été dit !
    Bises du matin post-dentifrice !

    RépondreSupprimer
  8. C'est un joli conte !
    Il aurait du jouer ou sourd et muet, et ne parler qu'avec les mains, il aurait pu rester avec ses congénères !!!!
    Quelle imagination :)
    Il y a quelques jours j'ai fait une petite ballade par chez toi, j'étais à Colomiers et j'ai été visiter Airbus !!!!!!!!!! Ensuite, la plus belle ville du monde, Albi !!
    Qu'est ce qui fait chaud là-bas !!!
    Gros bisous !!!!!!!!!!!

    RépondreSupprimer
  9. coucou,
    MICHEL........
    C'est pas ROBIN,
    c'est 'CUPIDON' hiiiii
    bizzzzzzzz ... claire

    RépondreSupprimer
  10. SUITE À LA CENSURE : RETABLISSEMENT DE MES PHOTOS ET DE MES REPONSES AUX COMMENTAIRES :
    @ Marité, Claire Fo..., la fourmi : Le matin... une bonne tranche de pain avec un oignon, hein ?
    @Sacha : Ton passage... très sympa.
    @ Lulu : Bises. Je ne te dirais sûrement pas d'aller te brosser !
    @ Virginie : Fait chaud ici, hein? Et... la prochaine fois que tu visites Toulouse... un glass?

    RépondreSupprimer