mardi 25 janvier 2011

Douteuses Blagues :Au Restaurant

Dans la joyeuse continuité de mes Blagues Douteuses, voir :  " Les Amoureux " ,  " Le Journal " ,    " Dans le Bus " " Au Ciné ",  " La Coiffeuse " ,  " Trésor Public" ,   Explications téléphonique ,
Voici :   "Au Restaurant"
*
Il me faut vous préciser que cette « douteuse blague » date d’avant la loi sur l’interdiction de fumer dans les restaurants.
*
Comme j’avais décidé d’atteindre le chiffre de dix emmerdures, je me creusais la tête pour pouvoir en trouver encore deux. Je déambulais nonchalamment dans les rues encore sous le soleil de fin de vacances.
Une petite faim commençait à me tenailler l’estomac, tiens pourquoi pas du poisson !! Je me dirigeais vers un restaurant spécialisé du centre ville, petit par la dimension de la salle, style couloir de sous marin, mais grande renommé par sa cuisine.
Comme il était déjà midi passé, presque toutes les tables étaient occupées, sauf deux dans le coin fumeurs. Et oui, au moment de ma blague, le coin non fumeur était de plus en plus sollicité. Bon, tant pis, comme j’avais juste envie d’un plat, pas plus, je me dis que si un empoisonneur s’installe à côté, je n’aurai pas beaucoup de temps à souffrir.
Hélas ! Misère, à peine assis, s’installe à la table mitoyenne un couple, bon chic bon genre. Joli costard rayé pour lui, tailleur à la Simone Weil  pour elle .Un minuscule chien informe, sans poil, sûrement importé de Chine posé sur le sol et qui commence à renifler sournoisement mes baskets. Sagement j’attends ma commande : une raie au beurre noir, un délice ici.
Le couple après une longue concertation commande du champagne. La gravure de mode, alors sort de sa poche un long étui en cuir, avec délicatesse il en extrait un énorme cigare.
Commence tout le cérémonial du parfait empoisonneur, humage, léchage du bout, coupe avec un engin spécial, sorte de petite guillotine, le bougre devait être Robespierre dans une vie précédente. Enfin sorti du luisant briquet en or massif de chez Cartier, doigt sur la molette, prêt à enfumer le terrain environnant.
Clic clac dans ma tête, je tenais ma blague.
Je commence à tousser, à racler puis tel le Stromboli je renifle plusieurs fois. Cigare près de la bouche entre ouverte, l’homme tourne la tête. Cils peinturlurés battants, la femme met sa main devant son visage outrageusement poudré.
Je sors un mouchoir en papier et crache dedans tout en respirant fortement .Ils s’agitent légèrement.
-« Excusez moi, dis-je, d’un air abattu, j’ai attrapé un énorme virus, impossible de m’en défaire depuis plusieurs jours ».
Je jouis comme un gamin de l’affolement qui se lit sur le visage de mes voisins. Ils pensaient passer un agréable moment, les voici confronté à un gros dilemme : que faire ? Champagne et cigare figés, pour eux, le terrain est miné.
J’en profite, tout en toussant pour filer un méchant coup de pied à l’infâme animal sous la table qui commençait à mordiller mes lacets.
A ce moment une table assez éloignée se libère. Mue par je ne sais quel ressort interne la femme attrape son mari par le bras, met sous son bras la chose qui aboie, enfin qui pousse un son à la Maria Callas quand elle était dans ses mauvais jours. Puis avec la rapidité d’athlètes aux jeux olympique sur un cent mètres, les deux compères rejoignent la table salvatrice.
Ma raie au beurre noire arrive, sans l’horrible torture de la fumée du bâton de chaise, avec un délicieux verre de vin blanc sec, je déguste lentement.
Pour sortir, il me fallut frôler la table du couple.
Il m’a semblé ne plus les entendre respirer le temps de mon passage .Même le bidule à quatre pattes s’est tapi entre les jambes gainés de soie noire de sa maîtresse.

Ps : Ouf… Maintenant plus de fumée dans les cafés, les restaurants.

M.T
kit rire Pictures, Images and Photos

***


3 commentaires:

  1. Jouissif... Il y a du Desproges dans ces propos...

    RépondreSupprimer
  2. Du tout, j'insiste... D'ailleurs, il me semblait presque l'entendre (je suis une inconditionnelle de ses Chroniques de la haine ordinaire)...

    RépondreSupprimer
  3. Suite à LA CENSURE ou les méfaits d’un Hacker : Rétablissement de MES PHOTOS et de mes réponses aux commentaires :
    "Douteuses Blagues :Au Restaurant"
    @ Sandrine : Très chère et nouvelle presque inconnue .... Alors là, c'est trop, beaucoup trop cette comparaison.
    Mârci quand même.
    PS: Comme je suis d'un naturel curieux ... pas pu voir ton profil ?
    A plus peut être ?

    RépondreSupprimer