samedi 11 décembre 2010

La feuille


 D’un arbre, une feuille  fraîchement détachée
 Tourbillonne, fragile, légère dans l’espace
 Elle s’est arrachée à la vie pour une courte liberté
 Avant que la terre d’automne ne l’efface


Chagrine, elle a demandé à son ami le vent
De retarder l’ultime chute pour un moment
Cette chute qui, imperturbable, revient tous les ans
D’avance vaincue  par l’impitoyable vieillissement

Le vent généreux, adorable, moqueur
Fait semblant de la précipiter à terre
Etourdissant de vitesse cette fraternelle sœur
Puis, à la dernière seconde, l’élève dans les airs

Liberté apparente, enfantine joie
Dernier passage avant la mort
La feuille rousse s’enivre d’émoi
Pirouettant dans un implacable sort

Elle court, vole, frôle les hautes branches
Comme un enfant parmi des adultes
Polissonne comme une écolière le dimanche
Elle s’échauffe de culbute en culbute

Depuis des mois à peine elle ne bougeait
Elle se rattrape dans cette course folle
Regardant, curieuse ce qu’elle ne connaissait
Mais vite, car déjà elle sent l’appel du sol

Le vent soudain a cessé de souffler
La petite feuille a le cœur gros
C’est dans le silence la triste retombée
Vers la plaine, pour un long et calme repos

M.T



                                                                                   

1 commentaire:

  1. Toutes mes photos ont disparues. Je les rétablis. Et, punaise, souvent, ma trombine disparait ! À plus!

    "La feuille"

    RépondreSupprimer