mardi 14 septembre 2010

Puzzle Autobiographique : Défloraison buccale



Notre chère Lulu Sorcière, avec son talent habituel, nous a narré, petiote, ses premiers émois  sur une plage.  Voir son blog: Lulu: premier amour    Cela à fait remonter en moi quelques souvenirs, mais je passerai sur les premières émotions de ma prime enfance pour vous évoquer ma « Madeleine sensuelle » : mon premier baiser mouillé, celui qui m’a défloré buccalement.
Dois je mettre  le carré blanc ?

J’avais seize ans, oui je sais, les d’jeunes actuels vont se tenir les côtes de rire, eux qui ont des expériences presque à la maternelle. Ouiii, ok, j’exagère !
Apprenti joaillier bijoutier à Paris, dans un atelier de la rue du Louvre, je devais matin et soir prendre le métro pour rejoindre la rue Orfila dans le 20ème où nous habitions mes parents et moi. Chaque jour, aux heures de pointes, les rames, bondées à l’extrême, faisaient par le rapprochement des corps, comme aujourd’hui du reste, office d’agences de rencontres.
Collés les uns ou les unes aux autres, tout comme à une loterie de foire, certains emboîtements étaient, je l’avoue, plus ou moins agréables !
A seize ans, physiquement, modestement, j’étais plaisant à regarder. Maintenant faut bien chercher les restes. (J’attends les mais non, mais non... rien!)
Un soir d’hiver,  de retour de l’atelier, à la station Parmentier, ça monte ça pousse, ça  se tasse dans la moiteur et les relents divers. Une jeune personne, vingt ans environ, agréable, aux formes bien arrondies, se colle à moi délibérément. Gloupssse ! Pas besoin de vous faire un dessin, un mécanisme incontrôlable se manifeste au niveau des parties intimes de mon individu. Gêné, je rougis, essaie de mettre un chouia de distance (Oui un peu faux jeton)… mais la bougresse sentant bien l’épanouissement de mon désir, au lieu de se reculer, tant soit peu qu’elle le puisse !... se colle de plus belle à mon pauvre corps en feu me regardant d’un air moqueur. A part le fait que nous ne soyons pas dos à dos , mais bien emboîtés face à face, j’avais l’impression d’être, comme le décrit Platon, un de ces êtres premiers  « Androgynes » ne faisant qu’une seule boule de  deux corps. Mais Zeus n’était point là pour nous séparer. (C’est la minute littéraire) .
 Entre elle et moi : silence.
Station Père La Chaise. Les portes s’ouvrent, ma «Madeleine » (Je ne me souviens plus si elle m’avait donné son prénom ?) me prend par la main et me propose de marcher un peu .Et nous voici remontant dans la nuit l’avenue Gambetta en longeant le mur du cimetière du Père La Chaise. Je me trouvais dans une situation inattendue, nouvelle et exaltante. Seulement qu’allais-je faire ?  Timide, je ne le savais pas,  Elle? Si.
 Arrivé au coin de la rue des Rondeaux, nous bifurquons. Dès le premier porche, ma « Madeleine » me plaque dans l’encoignure. Fébriles, mes mains inexpérimentées, explorent les formes généreuses de ma mystérieuse partenaire. Ses lèvres pulpeuses se posent sur les miennes.  Là, je tente de me souvenir des baisers de cinéma de certains acteurs comme le beau Errol Flynn vu dans le dernier Zorro. Bouche close, incompétent, je n’entreprends aucune gymnastique linguale.
C’est alors que pour la première fois, je sens une chose gluante se faufiler entre mes dents suivi de rapides mouvements de va-et-vient, de moulinets baveux envahissant ce qui, jusqu’à présent ne me servait qu’a me sustenter. L’image d’une limace me vient à l’esprit, ce qui n’arrangeait pas ma libido (C’est un mot appris bien plus tard) J’étais au bord de l’asphyxie, la bouche emplie d’un liquide qui m’ 
 écœurait véritablement.
Un rire : -« Mais… dis-moi ? Tu n’as jamais embrassé de filles ? »
Embarrassé, penaud, je du avouer la vérité.
-« Alors ça ? »Elle n’en revenait pas ma  Proustienne , elle venait de me déflorer buccalement.
Elle me fit une bise maternelle sur le front, rapidement, disparue dans la brume. Moi, sans pouvoir ingurgiter quoi que ce soit de toute la soirée, je restais entre nausée, plaisir et  étonnement de l’aventure.
Je vous rassure, depuis, j’ai pris des cours de rattrapages.

M.T.
       

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