vendredi 13 août 2010

Douteuses Blagues: " Les Pièces "

Dans la joyeuse continuité de mes Blagues Douteuses, voir : les Amoureux  , Le Journal  , Dans le Bus,Au Ciné , La coiffeuse ,  Trésor Public ,  voici ma dernière : " Les Pièces "  



   Presque à chaque fois, ma jeune boulangère, une ravissante blonde aux yeux d’un bleu outremer, sourire carnassier, lèvres toujours recouvertes d’un rouge à faire pâlir un taureau dans une arène, minijupe sous un tablier en dentelle sûrement offert par sa grand-mère, me demande avec un accent Toulousain à rendre fou un professeur de diction.
      
-« Monsieur Michel, vous n’auriez pas l’appoint ? »
Je farfouille dans mes poches, dans le fond de mon crasseux porte monnaie, dans ma sacoche pourrie. Après quelques minutes de recherches infructueuses sous les regards réprobateurs des clients en attente, je soupire.
-« Ben… non, désolé… »
Regard langoureux de la belle.
-« Tant pis, monsieur Michel. »
De ma voix la plus suave.
-« Promis, la prochaine fois, j’accèderai à vos désirs… »
Petits gloussements de la boulangère. Impatience de la file d’attente.
Baguette sous le bras et baba au rhum à la main je sors.
         Voilà, j’ai trouvé ma nouvelle « emmerdure » de blague. A ma banque, je demande pour cinquante euros de  menues monnaies, rien que des pièces de 1centime. Epargnant ma jolie « mitronne », je me mis à la recherche d’une autre boutique en centre ville. Rapidement je poussais la porte de la première venue. Sonnette de quincaillier pour avertir le commerçant, apparaît une gamine, farine sur le bout du nez. C’est fou le nombre de jeunes femmes ou de jeunes filles dans le métier de la boulangerie !! ! Parfois le patron apparaît pour bien montrer que le pain, c’est « Lui » qui le fabrique.
-« Une demie baguette s’il vous plait ? »
« Le nez enfariné » attrape une baguette, la coupe en deux.
-« Voici »
Je mords à pleines dents dans le croûton encore bien chaud, puis mordille l’autre côté de la demie baguette.
-« Hum ! Il est bon votre pain »
L’enfantine face derrière le nez enfariné rosit.
-« Merci »
         Et là, sous les yeux effarés de la mignonne et de deux braves retraitées à cheveux poivre et sel, j’extrais de ma poche  une pleine poignée de pièces de 1 centime que je dépose dans la coupelle destinée à cet effet.
-« Tenez, servez vous »
Regard oblique de la vendeuse sur mon pain entamé. Hésitation, et…de ses courts doigts aux ongles rongés, le comptage commence. Cela demande un certain temps.
D’autres clients sont entrés, ça grogne, les deux retraitées commentent mon insolence .La bouche pleine de mie de pain, je leur souris béatement.
         Dans son effort pour trouver le bon compte le front de la petite boulangère légèrement recouvert d’une tendre rosée m’attendrit, mais que voulez vous… une blague c’est une blague.
         Terminé le comptage. Tout en continuant à grignoter ma demie baguette, satisfait, je récupère le restant de ma monnaie  puis m’enfuis rapidement  car le frémissement d’une émeute se faisait sentir.
         Durant quelques jours pour liquider mes pièces, je recommençais mon manège avec la même délectation, mais cette fois dans d’autres activités commerciales.
         Dans un bar, après avoir commandé une  bière, j’en consommais la moitié puis, sous le mécontentement du garçon, avec largesse mes pièces trébuchaient sur le comptoir .Dans un salon de thé renommé  où tout le gratin Toulousain vient se pourlécher les babines, pareil, après un mille feuilles et une religieuse au chocolat, suivi d’un thé au jasmin, oui je sais je suis gourmand…rebelote avec mes pièces. Là, ce fut un peu cul serré que l’on comptât les pièces de mon addition, par contre, curieusement, c’est là où les clients se bidonnèrent le plus, comme quoi ?
         L’apothéose, ce fut quand, faisant semblant de boiter, je pris un taxi pour aller du centre ville à la gare. La distance : à peine cinq minutes en voiture. J’ai cru me faire couper en tranche par le chauffeur, un humanoïde ,sûrement ex rugbyman, d’environ 120 kilos .Il a fallu l’intervention de la police municipale, qui rêvassait dans les parages, pour que je sois sorti indemne des grosses pattes du monstre hurlant, bavant de rage. Ouf, je suis vivant, plus de pièces.
         Une constatation, quand même, aucun des commerçants, même pour de très petites sommes, soit ne m’ont fait crédit ou simplement offert ou le demi ou le pain ou la brioche au sucre, car j’ai aussi fait le coup dans une modeste« Croissanterie ».
         Un sou c’est un sou, ma brave dame.

M.T .  Image and video hosting by TinyPic

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