samedi 26 juin 2010

Lucarne : Monsieur le curé Benjamin Dedieu

Monsieur le curé Benjamin Dedieu, arrivé à quatre-vingts ans se posa enfin la question de savoir si l’enfer existe vraiment. Depuis le séminaire où, par force ses parents l’avaient inscrit, l’existence du ciel, de l’enfer et de Dieu le tourmentait. Il n’avait pas eu de chance Benjamin. D'abord s’appeler Dedieu dans une famille ultra-catholique puis être le petit dernier d’une flopée de neuf frères et sœurs, ce qui avait fait que le métier de robe pour le petit dernier était tout trouvé. Cela fait bien d’avoir un prêtre dans la petite aristocratie.
Benjamin avait obéi à l’autorité parentale. Bon, monsieur le curé, durant sa vie, avait tant bien que mal assumé des responsabilités tout en regrettant de temps à autre de ne pas avoir eu un métier digne de son tempérament. Car du tempérament, il n’en manquait pas. Physiquement fort, bon mangeur, bon buveur, s’exprimant avec vivacité et fougue il faisait penser plutôt à un bûcheron qu’à un avorton boutonneux. Ce qui le grattait souvent, hum ! c’était les femmes. Chasteté avait proclamé le Pape. Alors … obéissance. 
Mais voilà, à quatre-vingts ans tout comme le grand Victor Hugo, une certaine vigueur du bas ventre le tenaillait. Alors, après deux paters et un avé, il décida de connaître « L’Enfer .»
Il monta à la capitale, débarrassé de sa vieille soutane noire il parcouru les nombreuses rues chaudes. Un soir, courageusement, il choisit la plus désirable des prostituées. La nuit fut longue et tumultueuse.
Epuisé par une gymnastique qu’il ne connaissait pas, au matin, son âme s’envola. C’est ainsi qu’à l’aube de sa montée au ciel, monsieur le curé Benjamin Dedieu, quatre-vingts ans connut le divin extase de l’enfer.

M.T

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