samedi 29 mai 2010

Lucarne : Le coeur d'une mère

Le 30 Mai... 
En  ce jour de la fête des mères je vais vous remettre en mémoire cette histoire que je vous avais déjà conté :
C’est l’histoire d’une jeune maman célibataire. Comme toutes les mères elle adorait son enfant. Hélas ce garçonnet au visage d’ange était un véritable garnement qui n’en faisait qu’à sa tête, il tabassait ses petits camarades à l’école, bâclait ses devoirs, insultait ses professeurs, faisait de mauvaises niches aux adultes dans la rue. Souvent convoquée par les conseils de disciplines, cette maman, les larmes aux yeux, suppliante, venait plaider la cause de son chérubin, mais hélas, après quelques punitions, le fils recommençait de plus belle.
De « garnement », il passa à celui de « chenapan » puis « sauvageon », puis à celui « d’anarchiste », haïssant toute la société.
A sa majorité, la barrière fut vite franchie pour être considéré comme « une petite canaille », de « canaille » à « racaille » pour arriver au statut « d’escroc »puis « petit truand ».
Considérant le travail comme une insulte, il trouva plus facile de spolier de pauvres personnes âgées, de cambrioler villas et commerces, pour, le fin du fin, s’acoquiner avec des revendeurs de produits dits illicites .Qu’importe si d’autres jeunes mouraient, ce qui l’intéressait c’était l’argent facile .Sa mère était désespérée car les rares fois où il passait pour lui rendre visite, il lui en demandait de plus en plus
Une fois parti, la tendre maman implorait le ciel pour son salut mais l’enfer s’était installé dans cette curieuse âme. Rien n’y faisait...
Les quelques économies de la pauvre femme passaient dans ses poches pour être rapidement dépensé en filles, en boissons et malheureusement en absorption de cannabis. Il fut un jour condamné puis emprisonné pour trafic de stupéfiants. La maman vint tous les jours le voir, lui apporter des cigarettes, de la nourriture, du réconfort. Elle paya chèrement un avocat ce qui lui permis à ce voyou de sortir de prison plus rapidement.
Quelques mois passèrent, aucune nouvelle de l’enfant, aucun signe de remerciement .Une nuit, elle le vit arriver, le visage mauvais, il sentait l’alcool, ses yeux vitreux laissaient comprendre qu’il était sous l’effet de drogues. Avec violence il demanda une somme importante, mais la pauvre mère n’avait plus un sou.
Insultes, menaces, l’enfant, aveuglé, ne voyait pas que c’était sa chère maman effrayée qui était devant lui. Ivre de colère, n’étant plus lui-même, il se précipita sur la pauvre femme et en un éclair, avec un long couteau, lui arracha le cœur pour tenter d’aller le monnayer dans une banque de dons d’organes. Un orage violent s’abattait sur la ville, la pluie froide mouillait les âmes et les corps, le cœur encore chaud dans la main il couru sous l’ondée, mais la chaussée était glissante.
Dérapant, déséquilibré, il s’effondra lourdement dans le caniveau, sa tête heurta le pavé. Du sang noir coula sur la tempe. Le cœur encore chaud , lâché, qui avait roulé doucement, vint finir sa course juste à côté de son oreille. Et là, le fils maudit entendit une petite voix qui sortait du cœur palpitant ce murmure :
« Tu t’es fait mal mon enfant ? »

M.T

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