dimanche 24 janvier 2010

Douteuses Blagues " Au Ciné "

Voici la suite de mes blagues douteuses, la dernière étant « Dans le Bus » le 25 / 10/ 2009

Au ciné

Image and video hosting by TinyPic Dans les blagues assez douteuses, ce qui est intéressant chez les cibles, c’est le regard. C’est toujours terrifiant la violence intérieure de la personne qui, hélas, subit. « Elle a les yeux revolver….elle a le regard qui tue… » Elle ou Lui, comme le chante si bien Marc Lavoine, sauf que là, il n’y a pas d’amour.
J’avais prévu, pour ma prochaine blague, parfum en poche, d’affronter un lieu obscure : la salle de cinéma.
Je n’allais pas choisir le « Numéro 5 » de chez Chanel ni « Pour un Homme » de chez Caron, non, je choisis dans une grande surface à prix discount un parfum, enfin, un liquide à deux euros dans une bouteille immonde.
J’ais mis du temps à le choisir, sous l’œil réprobateur de la minuscule vendeuse, qui ressemblait plus à une guichetière de la SNCF des années quarante cinq qu’à une gravure de mode du faubourg Saint Honoré. Quitte à tomber raide paralysé je reniflais un à un chaque flacon afin de déterminer le liquide le plus mortel.
Une fois l’arme fatale en poche, je me dirigeais vers le centre ville et choisis une salle au hasard, enfin pas tout à fait, car le titre prometteur du film était «Panique Royale », un polard germano-belge à la James Bond.
Vingt heures. Le moment où il y a le plus de spectateurs. Billet en main, direction les toilettes. Je m’asperge abondamment du liquide nauséabond. Haut le cœur, nausée, tant pis, je ne puis reculer devant l’ennemi.
Le film n’est pas commencé, je m’installe en milieu d’un rang au centre de la salle emplie au trois quart grâce à la publicité tapageuse et agressive de tous les médias.
Ca y est, le film commence, ça y est quelques reniflements et commentaires dans l’entourage, ça y est quelques banquettes qui se relèvent. Foudroyant, terrible, à peine cinq minutes après mon installation, le vide autour de moi commence .Dix minutes après, la moitié de la salle se retournait sur ma personne. Moi, imperturbable, continuais à manger mes pope- corn.
Bruits de fauteuils, vas et viens, rumeurs, plus personne ne suivait les aventures de l’athlétique héros, sorti tout droit d’une bande dessinée de Tintin et Milou.
Vingt minutes après, à part quelques deux ou trois irréductibles à l’odorat déficient, c’était Waterloo. Satisfait, je quittais la salle croisant directeur et caissières qui, tous paniqués, manifestement ne comprenaient pas le pourquoi d’une telle débandade.
Ben oui…je mis plusieurs jours à me débarrasser de cette magnifique puanteur. Mes vêtements, je dus les passer à la machine au moins quatre fois, et encore il y a quelques traces .Enfin, comme ça, pour voir, la semaine suivante, je pris un billet pour la même salle, je m’installais à la même place. Tel l’œil de Caïn qui était toujours dans la tombe, la pestilentielle odeur était là, imprégnée dans le beau velours rouge.
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FIN

M.T

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