vendredi 18 décembre 2009

Poèmes : Noël


La rue principale garnie d’étoiles lumineuses
Attire de tous les coins noirs des formes miséreuses
De pauvres gamins collent aux vitrines leur nez coulant
Que surplombent grandis comme des billes, des yeux brillants


Noël et son tintamarre de clochettes joyeuses
Permet d’abolir la pensée la plus haineuse
Et la farandole fumante des grosses dindes farcies
Fait oublier par le ventre le plus grand souci

Les sapins aux coins des rues posés sagement
Pleurent doucement leurs aiguilles agitées par le vent
Ils répandent autour d’eux une senteur de résine
Mêlant leur âcre odeur aux fumées des usines

Il pleut, il neige des cadeaux plein les cheminées
Et, désirés, les paquets blancs bien ficelés
Ont vite pris dans le songe de l’enfant endormi
Des proportions fantastiques de mille et une nuits

Une musique aigrelette et un chant discordant
L’Armée du Salut, son appel au plus offrant
En souriant, on passe vite, un regard en biais
On s’engouffre au café, juke-box, dernier succès

Bondées, les vitrines criardes offrent des réveillons
Hissant du jaune, du bleu, du vert, du vermillon
Des visages assoiffés de désir, de victuailles
A travers les glaces prennent des allures de vitrail

L’enfant sacré cette nuit adoucira la terre
Suspendant un instant quelques stupides guerres
Et même dans sa solitude, l’être le plus athée
Ame au ciel, possèdera malgré lui, la plus spirituelle pensée

M.T

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