mercredi 9 décembre 2009

Le coin de verdure


Au mois d’août, c’est le seul coin de verdure
Dans la ville, sous l’été chaud, qui s’ennuie
Délaissé, c’est le seul coin d’ombre, ami
Où l’on puisse rêver de la douce nature
Il y a trois arbres et puis un banc peint
Quelques pavés bossus couverts de mousse
Sur lesquels tombent quelques gouttes d’une source
Si frêle, discrète qu’au moindre souffle elle geint
Les amateurs peu nombreux de ce lieu
Sont avec leurs courbatures, leurs douleurs
Avec leurs cancans, leurs rides, leurs candeurs
Ces courbes humaines que nous appelons vieux
C’est le seul coin de verdure, de verdure…

Là, entre amis, ils sont biens, loin des champs
Ils se réfugient loin des grandes cuisines
Où on les force à tremper leurs tartines
Dans cette moiteur, évoquent le bon vieux temps
Quelques écoliers parfois s’y arrêtent
Oubliant les leçons qu’il faut apprendre
Le tronc d’un arbre qui commence à se fendre
Sert de stratégies guerrières, de cachette
C’est le seul coin de verdure qui sourit
Au cœur de cette triste ville, sous la fine pluie
Il est seul oasis vert dans le gris
Où l’on puisse goûter de la poésie
C’est le seul coin de verdure, de verdure…

Il se cache derrière le mur de l’église
Qui semble au long des jours le confesser
Elle lui partage son haut et fier clocher
Par son arrogance, le pauvre, l’amenuise
Quelques pigeons miteux y roucoulent encore
Une main secourable jette parfois du grain
Dodelinant, peur vaincue par la faim
Ils se détachent des hauteurs et picorent
La ville petit à petit le délaisse
Le pousse à devenir un peu honteux
Elle ne le trouve pas assez somptueux
N’a pas pitié de sa détresse, tendresse
C’est le seul coin de verdure, de verdure…

M.T

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