dimanche 25 octobre 2009

Douteuses Blagues : Dans le Bus

    Voici la suite du mercredi 30 septembre 2009

bus gif Pictures, Images and Photos
Dans le bus


Franchement, je n’aime pas les transports en commun, d’abord, c’est commun, « voui .» Pardon je suis un « poquito » élitiste. Il y a trop de monde pour des espaces aussi réduits. La fine fleur d’une galerie de personnages sans éducation fait légion. En plus ,quand le chauffeur se prend pour un as du volant, se croyant sur une piste de formule 1, nous sommes secoués comme un noyer au mois de septembre ou un olivier aux fruits biens murs sous la cagnasse de midi. Vous l’avez compris, je n’aime pas les transports en commun.
Mais, hélas, depuis que les instances municipales ont multiplié les emplacements payants, économies obliges, contraint et presque forcé, pour descendre en ville, je prends le bus. Ensuite suivant le lieu de ma destination, sensas, je change de conducteur.
J’avais pris un bus qui revenait du grand marché qui se trouve sur le boulevard de Strasbourg, direction Place Arnaud Bernard .Du monde ! .Je m’installe sur la seule place libre d’une mini banquette, près d’une voluptueuse mémère .Je remarque que c’est l’emplacement le plus étroit, pile au dessus des roues, juste à côté de la porte de sortie du milieu. Je m’installe difficilement car devant mes genoux il y a une barre et un plexiglas de protection.
Je ne sais comment la dodue mémère assise à mon côté, collée contre la vitre a pu s’asseoir ! D’abord la corpulence, je sais… pas de railleries, il ne faut jamais se moquer des êtres humains façonnés à l’image d’un, hum… « Créateur ». Sur les genoux un énorme sac d’où sort des achats en tous genres : un débouche évier, un miroir, et d’autres sachets aux contenants mystérieux vu la profondeur du sac. J’imagine le trésor d’Ali Baba… Coincé entre ses jambes et les protections, un caddie rempli de légumes dont certains exhalent un parfum de cuisine de cantine d’école : poireaux, oignons, ails, échalotes, à croire que notre future cuisinière allait faire un concours auprès de ménagères de plus de quatre-vingt dix ans, pour les obliger à d’évoquer de profonds souvenirs culinaires, quand elles étaient gamines dans de vastes offices campagnards.
Pour couronner le tout , entre le caddie, sous la banquette , derrière d’imposants godillots, un minuscule chien , style roquet de salon hurlant à la mort à chaque coup de frein d’une conductrice à l’allure de lutteuse de foire , qui, je le constatais, n’aimait pas les feux oranges .
Ah ! Ces retours de marché, un régal.
Je sens ma chère voisine de transport s’agiter .Elle tente de se lever.
Pardon monsieur, je descend à la prochaine .» me dit-elle
Tilt…
-« Moi aussi », ce n’est pas vrai
Sous sa spacieuse poitrine, je la sens un tantinet inquiète
Je tente de me lever, mais reste assis en me tenant les reins.
Excusez moi, dis-je, mais j’ai eu un lumbago ce matin. »
Bon… mais… »
Mais... vous savez... quand on souffre .»
La station est proche, je fais semblant de me lever, ma voisine dans un effort surhumain attrape son sac son caddie, son chien et tente de se lever. Le bus s’arrête, je me plie en deux en me tenant les cotes.
-« Aaahh ! Madame impossible de bouger. »
Le bus repart, ma voisine s’affole. Je la regarde les yeux mouillés :
-« Si vous étiez à ma place, vous verriez »
Station suivante, même manège, ma voisine est décomposée, le chien hurle de plus belle .Les poireaux ,oignons et autres ingrédients dans un curieux mariage commencent avec la chaleur à incommoder tout le bus . La conductrice a le pied de plus en plus lourd sur le frein.
Arrive la troisième station. Vicelard je recommence mon petit manège, seulement juste avant que la porte centrale ne se referme, je bondis d’un seul coup tel un diable sortant de sa boîte. La porte se referme derrière moi, j’atterris avec souplesse sur le trottoir. Derrière la vitre, ma brave mais encombrante voyageuse est figée, la mâchoire pendante, confite.
Avec un grand sourire, je lui envoie un baiser. Fasse le destin qu’un jour, sur un autre trajet je ne me retrouve à son côté. 
Brrr… j’en frémis d’avance.
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M.

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