mercredi 19 août 2009

Poèmes : Paris Souvenirs


Un homme par le long ruban goudronné
Dans sa voiture grise vient d’arriver
Il a roulé, roulé toute la nuit
Pour enfin sentir les portes de Paris

Le jour naissant éveille les parfums, les couleurs
Du métro et des jardins, croissants et des fleurs
Il est six heures, la forteresse urbaine l’avale
Les réverbères s’éteignent, les façades deviennent pâles

Des souvenirs remontent puissamment dans sa tête
La libération, les meetings, les grèves, les fêtes
Il voit la foire du trône et son premier amour
Le bois de Vincennes, plus loin, où il fit sa cour

Il roule, roule dans ce décor par lui abandonné
Entre sa jeunesse et ce jour, tant d’années écoulées…
C’est Dimanche matin, les parisiens dorment
Dans les rues vides, apparaissent mieux les formes

Formes des monuments, des statues, des boutiques
Formes des filles attardées aux comptoirs, près d’un flic
Formes des bassins du Luxembourg, des Tuileries
Formes des arcades de la place des Vosges, de la rue de Rivoli

L’homme fredonne les chansons de Lemarque et Trenet
Piaf et Chevalier sont aux coins des impasses, des troquets
Que de refrains, de couplets ont porté ce Paris
Par Aznavour, Montant, Cora, Ferré, Mouloudji

Les heures passent, sa province est bien loin, oubliée
Maintenant c’est Pigalle et Ulmer, l’Opéra, les cafés
L’amour, le sexe et ses ardeurs traînent rue Saint-Denis
Un sourire aux lèvres, il revoit ses furtives amies

Et puis, pour un instant, il caresse l’eau de la Seine
Admirant Notre-Dame, la grande bâtisse sereine
Le soleil monte dans le ciel, arrivent les touristes
Fourmis increvables en visite, comme des indiens sur une piste

Piste du Sacré Cœur majestueux, imposant
Piste de Clignancourt et son marché bruyant
Piste de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel
Piste du Louvre, de ses trésors, la place Saint Michel

Le soir arrive, l’obscurité prépare le monde des plaisirs
Lido, Folies Bergères, Châtelet, chansonniers et satyres
Les dancings sont devenues des boites lazerantes
Les désirs sont toujours présents, un homme mûr, une étudiante

Un homme par le long ruban goudronné
Du cœur palpitant de la grande ville s’est éloigné
Il s’enfonce à nouveau dans la chaude nuit
Un goût éternel au ventre, celui de Paris

M.T

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