lundi 6 juillet 2009

L'ETOILE JAUNE

Amour, naissance, sourires béats
On lui avait dit, tu verras
Une étoile te protègera
Jeux poupées, gâteaux de miel
Dix ans, elle cherchait dans le ciel
L’astre magique nimbant sa blonde tête
Famille, plaisirs, rires, c’était fête
Elle est descendue, un matin
Belle, jaune, cousue à son jeune sein



On lui avait dit, tu verras
Une étoile te protégera
Plus de bleu, obscurci le ciel
Du vert sale, des chiens qui aboient
File indienne de planètes en toile
Cris, poussée, montée en camion
Elle ne savait pas, tendre naïve
Que, même brillante, certaines étoiles
Peuvent, par la haine brûler des cœurs

On lui avait dit, tu verras
Une étoile te protégera
Très loin, là-bas, rideau de fer
Terrifiée elle fixait l’enfer
Attente froide, nue dans la neige
Quolibets, bousculades, rires gras
Coins cauchemars, tapis de squelettes
Douches menteuses, de funestes charrettes

Anéantie l’étoile joyeuse
Des croix funèbres aux formes curieuses
Promesses tuées, écornée la foi
Jamais de repos, plus de joie
Acres fumées noires, puantes, épaisses
Humiliée, crâne rasé, sans tresses
On lui avait dit tu verras
Tête vide, elle ne se souvenait pas

Matin blême, sont venus des hommes
Sourires juvéniles, chewing-gum
Terminé la peur, les horreurs
Une autre étoile, casques sauveurs
Odeurs des Rocheuses, du Texas
Parfum de Floride, du Kansas




Douleurs vives, le temps a passé
Elle est bien vieille, tassée, ridée
Dans un tiroir grenier, la haut
Ternie, l’étoile jaune est cachée




M.T

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire