mardi 9 juin 2009

Les mains papillons

Fin d’après-midi, je la vois
Là, sous la trajectoire des yeux
De belles mains fuselées
Un papier blanc granuleux
Par des doigts caressé
Gestes souples, rapides, sensuels
L’inconscient caresse une histoire, laquelle ?
Que touchent ces papillons de chair ?
Un écrivain, des mots, l’inconnu ?
La jouissance sous-jacente, la fille laisse faire
Spectacle insolite, curieux, inattendu
Elle est là la fille qui caresse les livres
Les mouvements sont précis, ondulants, réguliers
Quel corps pareil à ces pages pourrait être autant aimé ?
Devenir peau du volume, à travers l’impression, vivre.
Une fois la main gauche, une fois la main droite
Le souffle léger de la pagination se mêle à la respiration.
Entre, il y a toujours, en envol, ces roses papillons.
Visage calme, attentif, contact amoureux de la pâte.
La fille qui caresse les livres
Caresse aussi mon regard.
Ce va et vient m’enivre.
Je rentre, le soleil se couche, il est tard.
Dans ses rêves qu’effleure la fille ?
Des forêts, des écorces, des rivières ?
J’envie cette inédite prière
Où le complexe se tisse au facile.
La fille qui inlassablement caresse les livres en lisant
Aura transformé mon respire en un souvenir obsédant.


M.T

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